Au premier jour de son séjour en Égypte, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a reçu trois grands acteurs de l’économie égyptienne avant de prendre la parole au Sommet extraordinaire des membres fondateurs de l’AUDA-NEPAD. Quelques jours après l’Assemblée générale des Nations unies, la séquence d’El-Alamein prolonge une diplomatie qui place l’économie sénégalaise au cœur de chaque déplacement.

El-Alamein accueille ces jours-ci une rencontre de dirigeants africains organisée par l’Égypte avec l’Union africaine et Afreximbank. Un forum d’affaires y réunit chefs d’entreprise et investisseurs autour d’une question devenue centrale pour le continent, celle du commerce que les Africains peuvent développer entre eux. Dans ce cadre, le Chef de l’État a mené de front, tout au long de la journée, l’action diplomatique et la recherche de partenariats économiques.

Des partenaires pour l’économie sénégalaise

Le Président de la République a consacré sa matinée à trois audiences avec des dirigeants dont les activités touchent directement aux besoins de l’économie sénégalaise.

Monsieur Hussein Sherif Fahmi dirige Air Cairo, deuxième compagnie aérienne d’Égypte. La compagnie prépare la reprise d’une liaison directe entre Le Caire et Dakar. Elle se dit prête à accompagner Air Sénégal dans la formation de ses ingénieurs, de ses mécaniciens et de son personnel navigant, et à ouvrir une liaison cargo au service des échanges commerciaux entre les deux pays. Le dirigeant égyptien voit dans le Sénégal un hub naturel, dont la position géographique ouvre à la fois sur l’Afrique, l’Europe et les Amériques. Cette lecture rejoint l’ambition du Sénégal de devenir une plateforme de transport et de commerce pour toute la sous-région.

L’énergie a occupé la deuxième audience. Monsieur Mohamed Ismail Mansour, fondateur du groupe Infinity, est déjà présent au Sénégal avec le parc éolien de Taïba Ndiaye, à travers Infinity Power, sa coentreprise avec l’émirien Masdar. Il a fait part au Président de la République de la volonté du groupe d’aller plus loin, avec de nouveaux projets éoliens et solaires d’une capacité d’un gigawatt. Un tel volume pèserait de façon significative dans la production nationale d’électricité. Il s’inscrit dans l’objectif de souveraineté énergétique que le Chef de l’État a placé parmi les priorités de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, et qui mobilise le gaz, le soleil et le vent du pays au service d’une électricité plus accessible aux ménages comme aux entreprises.

La troisième rencontre a porté sur la finance. Monsieur Mohamed Mahmoud El Etreby préside la Banque nationale d’Égypte, premier établissement bancaire du pays, ainsi que l’Association des banques égyptiennes. La banque souhaite nouer avec le Sénégal un partenariat bancaire et commercial. L’implantation d’un établissement égyptien à Dakar donnerait aux entrepreneurs des deux pays des instruments adaptés à leurs transactions et ouvrirait de nouvelles perspectives aux échanges bilatéraux.

Du transport aérien à la finance, en passant par l’énergie, ces audiences répondent à une même orientation. Le Président de la République élargit le cercle des partenaires du Sénégal et attire vers le pays des acteurs disposés à y investir dans la durée, dans les secteurs dont dépend la transformation de son économie.

Le Sénégal parmi les fondateurs

L’après-midi a donné à cette démarche sa dimension continentale. Le Sénégal compte, avec l’Algérie, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria, parmi les cinq pays à l’origine du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique. Le NEPAD est né en 2001 de la rencontre de deux visions, le Plan Oméga du Président Abdoulaye Wade et le Programme pour la renaissance africaine porté par les Présidents Thabo Mbeki, Olusegun Obasanjo et Abdelaziz Bouteflika. Vingt-cinq ans plus tard, les membres fondateurs se sont réunis à El-Alamein, et le Chef de l’État a porté la voix du Sénégal dans le cercle des pays qui ont conçu ce projet.

Le Président de la République a rendu hommage aux pères fondateurs, dont la vision a placé le développement du continent sous la responsabilité des Africains eux-mêmes. Il a salué les progrès accomplis dans les infrastructures, le capital humain et le commerce intra-africain, sans perdre de vue le chemin qui reste à parcourir, de l’accès à l’eau à l’emploi des jeunes, dans un environnement international traversé par les crises.

Pour prolonger ce legs, il a défendu une Afrique qui s’appuie d’abord sur ses propres atouts, au premier rang desquels sa jeunesse, ses terres arables et ses ressources naturelles. Il a plaidé pour l’accélération des infrastructures régionales, en particulier à travers le Programme pour le développement des infrastructures en Afrique, ainsi que pour des financements à la mesure des besoins du continent, où les ressources concessionnelles s’ajoutent à la mobilisation de l’épargne intérieure et à l’engagement du secteur privé africain. Il a enfin souhaité que l’AUDA-NEPAD devienne le bras opérationnel de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en meilleure articulation avec les États, les Communautés économiques régionales et les institutions financières africaines.

« Réaliser le développement du continent est à notre portée », a affirmé le Chef de l’État, à condition que les pays africains s’engagent ensemble autour de priorités partagées.

Les travaux se sont conclus par l’adoption de la Déclaration d’Alamein. Les cinq pays fondateurs y rendent hommage aux bâtisseurs du NEPAD et réaffirment leur volonté de porter, de financer et de conduire l’agenda de développement du continent à partir de financements africains prévisibles. Le texte reconnaît au secteur privé africain un rôle moteur dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et assortit cette ambition d’engagements datés. Une plateforme d’investissement doit rassembler d’ici février 2027 les engagements de capitaux privés. Une facilité continentale en faveur des petites et moyennes entreprises et des chaînes de valeur est attendue à la mi-2027, et ses effets sur l’emploi des jeunes et des femmes seront mesurés. Un instrument africain de réduction des risques et de financement mixte doit voir le jour dans les dix-huit mois. Le recours aux ressources africaines et la place du secteur privé dans le financement du développement, que le Président de la République a défendus à la tribune, se retrouvent ainsi au cœur des engagements pris en commun.

De Washington à El-Alamein, une même ligne

Le propos tenu devant ses pairs prolonge celui des audiences du matin. La valorisation des ressources sur place et l’association du secteur privé au financement du développement, que le Président de la République défend pour l’Afrique, sont au cœur de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050 qu’il met en œuvre dans son pays.

Cette cohérence traverse les déplacements des dernières semaines. À Washington et à Abu Dhabi, puis à New York, le Chef de l’État a renforcé la confiance des partenaires du Sénégal et présenté les opportunités qu’offre le pays. À El-Alamein, il poursuit ce travail auprès de partenaires africains et du monde arabe, en faisant de chaque rencontre diplomatique une occasion de servir l’économie nationale.

Le Président de la République prendra part demain à la 8e Réunion de coordination semestrielle de l’Union africaine et des Communautés économiques régionales, en sa qualité de Président en exercice de la CEDEAO.